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Développer la filière laine en France, Myriam a rechargé ses batteries prête pour relever le défi!

DSC00652Myriam est une jeune presque soixantenaire passionnée par le monde de la laine. Son activité laine à la Ferme de la Thibaudière en Vendée a démarré il y a quatre ans. Elle transforme de façon artisanale la laine de ses alpagas, ses moutons (Shropshire, Mérinos de Rambouillet, Suédois, Solognot et Gothland) et ses chèvres angora ainsi que celle récupérée auprès d’élevages de moutons de la région. Son élevage comprend une quinzaine d’animaux sur 3 ha.

Après l’avoir lavée, elle carde et file une partie de la laine et envoie le reste dans de petites filatures françaises. Une fois les pelotes et écheveaux prêts, Myriam les teint avec des teintures 100% naturelles.

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Etape 1: Mordançage de la laine pour assurer une bonne fixation des pigments

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Etape 2: Teinture

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Etape 3: Séchage

 

Elle cultive des plantes tinctoriales (Réséda des teinturiers ou Gaude, Carthame, Achillée millefeuille, Isatis Tinctoria ou Pastel, Sarrazin, Luzerne…) ou bien les cueille dans la nature pour fabriquer ses propres teintures. Lorsqu’elle n’arrive pas à obtenir les teintes voulues, elle se fournit chez des commerçants spécialisés en teintures végétales écologiques.

DSC00440Sous la marque Nat Wooly, Myriam vend les pelotes de laine au naturel ou teintes et aussi les tisse pour faire des bonnets, des châles, des pulls et autres accessoires de mode. La vente a lieu dans l’atelier boutique à la ferme tous les jeudis après-midi d’avril à octobre, sur des marchés artisans, des foires et par internet. « Mon but est de valoriser ces laines, susciter l’envie de les tricoter et de les mettre en forme.»

La nature et les animaux, le fil d’Ariane de Myriam

Myriam commence son parcours en tant qu’infirmière en région parisienne. Elle a grandi dans un petit pavillon de banlieue où elle a eu la chance d’avoir un petit carré de pelouse pour tester un potager miniature. Le besoin de nature fini par la rattraper et la pousse à s’installer en Normandie avec son conjoint pour rénover une maison. Tout en continuant un travail d’infirmière à domicile, Myriam commence à développer les activités manuelles, élève quelques moutons et poules, apprend à filer la laine, à transformer les produits issus de son potager. A travers ces activités et de nombreuses rencontres avec des éleveurs et artisans travaillant la laine, sa passion pour la nature et les animaux se confirme.

Atterrie en Vendée pour se rapprocher de l’océan ; après de nombreuses visites de maisons avec terrain, elle a le coup de cœur et s’y installe. Son travail d’infirmière fini par lui peser ; « Quand tu es infirmière tu es comme une batterie, tu te décharges au quotidien et tu te recharges chez toi. Au fil des années, la batterie se décharge de plus en plus vite et a de plus en plus de mal à se recharger. »

DSC00308Suite à un divorce Myriam souhaite garder la maison et lui redonner sa vie d’autrefois, c’était une petite ferme. L’idée de monter une ferme pédagogique germe rapidement, avec un grand soutien de ses amis proches et du maire du village le projet prend forme. C’est à ce moment que les relations avec le voisinage se tendent, les agriculteurs du coin ne voient pas forcément d’un bon œil qu’elle s’approche de leur cœur de métier. Qu’à cela ne tienne, elle accueille pendant plusieurs années des groupes pour diverses activités pédagogiques à la ferme. Les enfants découvrent avec enthousiasme les plantes potagères et tinctoriales et les animaux de la ferme (cochon, oie, poules, moutons, chèvres, ânes, chevaux…).

A tout cela s’ajoute des ateliers de présentation de la transformation de la laine mais l’envie d’aller plus loin la titille : « Je ressens le lien avec l’animal quand je travaille la fibre, la texture, l’odeur, savoir d’où ça vient. Je suis toujours fascinée par cette transformation ».

Petit à petit l’oiseau tisse son nid

DSC00504Mener une ferme pédagogique, aussi petite soit-elle, demande beaucoup d’énergie et d’interactions avec des personnes uniquement de passage. Il est temps de changer de cap pour trouver une activité qui lui corresponde davantage et qui permette aux gens de rester plus longtemps sur place. Myriam a baigné depuis toute petite dans la laine, la création, la couture, les fibres ; sa mère était une couturière hors pair. « La laine est une superbe matière ; une matière renouvelable et en lien fort avec la terre et l’animal. Aujourd’hui la majorité de la laine française est transformée et travaillée en Chine avec des procédés non écologiques et le résultat n’est pas de très bonne qualité. Transformer la laine de façon artisanale en France est pour moi une action militante afin de revaloriser cette matière noble qu’on a complètement oubliée.»

Pour être rentable, s’ajoute au projet de petite ferme, celui d’éco-camping en yourte. Quand elle présente son dossier aux banques, elle écope sept refus de prêt car c’est un projet trop petit, trop alternatif avec trop peu d’investissements et en plus mené par une femme seule. Le soutien du Fond de Garantie à l’Initiative des Femmes qui se porte caution ne suffit pas pour convaincre les banquiers. Heureusement, un conseiller bancaire plus ouvert d’esprit accepte de la soutenir.

Les premières plantes tinctoriales en place, elle commence telle une magicienne ses nombreux tests pour trouver de nouvelles teintes. Ses découvertes sont présentées lors d’ateliers laine proposés l’été aux campeurs et autres visiteurs.

DSC00445A présent l’activité laine et l’activité éco-camping sont à l’équilibre, Myriam pense pouvoir se dégager un salaire d’ici peu. Son souhait est de faire grandir davantage le volet laine et contribuer au développement de la filière laine française. En effet, elle envisage de s’inscrire à l’association Nature et Progrès et participe à la création d’une charte pour la filière textile. « J’envisage par la suite, si l’activité laine décroche bien, de limiter le camping et le réserver éventuellement aux personnes en stage, ce sont deux activités à part entière il faut assurer la communication, la paperasse etc… de chacune ; c’est plus difficile que ce qu’on pense de faire chevaucher les deux. »

Son projet semble être sur la bonne voie ; Myriam accueille régulièrement les Journées Européennes des Métiers d’Art et a reçu le prix du meilleur métier d’art pour son travail de la laine en 2014.

Conseils à de futurs néo-paysans

« Je conseille le WWOOFING car on peut vivre au jour le jour les activités de l’hôte 24h sur 24, on peut s’adapter et voir vraiment quelle est la réalité de l’activité.»

« Rencontrer des gens qui soient dans l’esprit du futur projet. »

« Etre persévérant sans être trop fou non plus. »

« Ne pas partir forcément sur une activité seul car c’est très lourd. Par exemple dans un projet en couple l’autre peut apporter un revenu complémentaire si besoin. »

 

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Néo-paysans, Le guide (très) pratique. Toutes les étapes de l'installation en agroécologie paysanne. Sortie fin mars 2017.

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