Let's grow new peasants!

Changer l’image de l’agriculture aux Philippines

AGREA, une composition des mots “agriculture” et “gaea” (la Terre en Grec), est une nouvelle entreprise sociale centrée sur le développement de l’agriculture et une fondation avec un grand cœur. Littéralement basée au « cœur des Philippines », AGREA, mobilise des bénévoles, des entreprises, des universités, le gouvernement local et national, des partenaires internationaux et les individus désireux d’apporter une « écologie de la dignité » à l’agriculture et aux communautés de pêcheurs sur l’île de Marinduque.

Atop Duyay Hill. New Zealand social entrepreneurs and AGREA staff are led by Duyay farming community to the location for cacao seedlings planting. Photo: Rachel Espejo

Atop Duyay Hill. Entrepreneurs sociaux néo-zélandais  et l’équipe AGREA sont guidés par les fermiers de Duyay vers les pépinières de coco. Photo: Rachel Espejo

Les Philippines sont bien connues pour leurs technologies de l’information en plein essor – le secteur de l’externalisation des processus d’affaires (BPO), mais il ne fait aucun doute que les Philippines sont une nation agricole. Selon le Bureau des statistiques agricoles 2012, le secteur agricole emploie environ 12 millions de personnes, ce qui représente 33% de la population active du pays. Entre 2011-2015 le nombre de personnes vivant dans les zones rurales est de 55.033.870 [1] et comme en 2012 environ 70% des populations rurales pauvres sont des agriculteurs et des pêcheurs. [2]  Aux Philippines, la principale agriculture est la culture de riz, de noix de coco, de maïs et de canne à sucre.[3]

Un pays archipélagique, les Philippines ont plus de 7000 îles, mais aucune île unique peut être décrite comme une île exemplaire en particulier en termes de sécurité alimentaire, économie, environnement et santé. Dans un rapport de 2015, Adeline Angeles, membre du Conseil pour les Questions environnementales de Marinduque a déclaré que « [en raison de] décennies d’exploitation minière, Marinduque est l’une des provinces les plus pauvres de l’archipel”.[4] En réponse à cela, AGREA vise à atteindre l’écologie de la dignité sur Marinduque grâce au modèle « Economie d’une île », qui englobe :

  • sécurité alimentaire – zéro importation sur les principales cultures qui peuvent être cultivées sur l’île,
  • impacts environnementaux – zéro déchets et faible empreinte carbone, et
  • impacts sociaux – zéro famine et malnutrition et l’amélioration du bien-être.

Marinduque a été choisie comme la base d’AGREA étant donné qu’elle est d’une taille «gérable». Il y a seulement six villes (six maires), un gouverneur et membre du Congrès et environ 230.000 personnes. La raison est que si la sécurité et la souveraineté alimentaire peuvent être garanties sur cette île alors il est très probable que d’autres îles pourront atteindre ce même objectif.

Snapshot of a typical farming community in Marinduque Photo: Rachel Espejo

Communauté agricole typique de Marinduque Photo: Rachel Espejo

Non seulement les Philippines font face à des obstacles physiques au développement de leur secteur agricole (croissance de la population, conditions météorologiques extrêmes tels que les typhons et la sécheresse et une disponibilité limitée de terres), mais aussi des barrières culturelles fortes. Comme dans beaucoup d’autres pays en voie de développement, les mots comme « pauvres », « sans éducation », « la vie dure » et « pas d’avenir » résonnent dans la bouche des gens qui décrivent la vie rurale. Cela a créé un tel état d’esprit négatif que de nos jours l’agriculteur philippin a un âge moyen de 57 ans, et des milliers de jeunes quittent leurs familles d’agriculteurs pour les centres urbains et la promesse d’une « vie meilleure ». Décembre dernier, AGREA a rendu visite à une communauté qui cultive du riz à Sta. Cruz, Marinduque, où a été posée la question – voulez-vous que vos enfants soient agriculteurs ? La plupart sinon la totalité des mères ont convenu que si la vie paysanne pouvait être meilleure bien sûr qu’ils veulent que leurs enfants restent, cependant cela n’est pas le cas et ils ont encouragé leurs enfants à aller étudier ou travailler à Manille. Les paysans sont en effet une « espèce en voie de disparition » qui doit être réhabilitée et protégée.

Avec ce contexte en tête AGREA travaille à changer l’image de l’agriculture et ils le font avec dynamisme. Audacieux, innovants et frais, AGREA agrémente tous ses messages sur les médias sociaux avec la mention #farmingiscoolsmartsexyandhumane (l’agriculture c’est cool, intelligent, sexy et humain). AGREA gère également un certain nombre de programmes axés sur les jeunes, allant de la proposition de bourses à des voyages d’été d’immersion pour les enfants de la ville et favorise la formation pour les enfants des agriculteurs. Le fait que toute l’équipe AGREA a moins de 40 ans et se démène – rencontre avec les dirigeants du gouvernement, des gens d’affaires de premier plan et des ambassades étrangères – est une véritable carte à jouer et l’élan ne semble pas s’arrêter.

AGREA staff and volunteers with Duyay Farming Cooperative – following a morning consultation session discussing issues within the Duyay farming community. Photo: Cherrie Atilano

Equipe AGREA et les volontaires avec la Coopérative Agricole Duyay – après une sessions de débats et de discussions sur les défis actuels de la communauté agricole Duyay. Photo: Cherrie Atilano

En Décembre 2015, AGREA s’est associée avec la Fondation Asie Nouvelle-Zélande pour accueillir cinq entrepreneurs sociaux néo-zélandais du secteur agroalimentaire. L’objectif était de comprendre comment la chaîne de valeur agricole fonctionne aux Philippines et d’explorer des partenariats potentiels et de nouveaux marchés. Les cinq se sont réunis avec les producteurs de Marinduque, leurs homologues philippins à Manille et l’Ambassade de Nouvelle-Zélande à Manille. Ce programme de 10 jours était lié à l’un des piliers d’AGREA : la collaboration interculturelle.

AGREA team and New Zealand social entrepreneurs join the Duyay farming community in planting cacao seedlings on Duyay Hill. Photo: Rachel Espejo

Equipe AGREA and et les entrepreneurs sociaux néo-zélandais dans la pépinière de coco de Duyay. Photo: Rachel Espejo

Tout récemment AGREA a signé un protocole d’entente avec le ministère de l’Éducation à Marinduque pour mettre en œuvre un programme de jardins scolaires – appelé La Classe Jardin – dans plus de 180 écoles de Marinduque. Le but de La Classe Jardin est de construire ou de développer des jardins scolaires en centres d’apprentissage pour toutes les matières scolaires. Le jardin peut être utilisé pour enseigner les mathématiques, les sciences, l’éducation physique et l’anglais. En outre, les légumes seront récoltés et utilisés dans les programmes d’alimentation scolaire – ce qui aura à la fois un impact positif sur la santé des enfants (accès à des aliments nutritifs) et d’ordre économique (en réduisant le coût d’achat de produits pour les repas). Comme la plupart de ces élèves sont des enfants d’agriculteurs et de pêcheurs AGREA espère transmettre à la prochaine génération l’amour pour l’agriculture et l’envie de prendre soin de l’environnement.

Un autre programme récemment lancé est la formation AGREA au système de riziculture intensive (SRI) à quatre communautés agricoles. Aux Philippines, le riz est considéré comme un aliment de base dans tous les repas. Selon IRRI (Institut de recherche sur le riz), en 2013 (l’année la plus récente disponible), la consommation moyenne de riz était de 119,4 kg par an et par habitant. Malgré le fait que le riz est une des principales cultures, les Philippines sont classées comme le plus grand importateur de riz dans le monde.[5] Marinduque itself is also a heavy importer of rice, largely from Vietnam. Marinduque lui-même est aussi un gros importateur de riz, en grande partie en provenance du Vietnam.

En collaboration avec le Département de la réforme agraire, AGREA se mobilise pour que le SRI bouleverse cette norme (d’importation de riz). AGREA a consulté deux des quatre communautés agricoles cultivatrices de riz et les principales demandes sont plus de techniques et de formations pour augmenter le rendement et rendre la culture de riz plus viable. Surfant sur les vagues actuelles pour soutenir les produits locaux, AGREA vise l’autosuffisance en riz pour Marinduque en fournissant également des variétés de riz bio et délicieux aux marchés urbains.

AGREA a encore beaucoup de projets pour la suite de 2016. Si vous souhaitez vous connecter ou en savoir plus, s’il vous plaît visitez l’un des éléments suivants, tous en anglais :

Website: http://www.agreaph.com

Facebook: https://www.facebook.com/agreainternational/

Instagram: @agreaph

[1] http://data.worldbank.org/indicator/SP.RUR.TOTL

[2] http://www.irinnews.org/feature/2013/02/26/filipino-farmers-dying-breed

[3] http://www.fao.org/docrep/008/ae946e/ae946e03.htm

[4]http://marinduquegov.blogspot.co.nz/2015/10/marinduque-and-outside-philippine.html

[5] irri.org

Author: Rachel Espejo, Directrice des Partenariats et Responsable du Plaidoyer d’AGREA

Aucun commentaire jusqu'à présent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Néo-paysans, Le guide (très) pratique. Toutes les étapes de l'installation en agroécologie paysanne. Sortie fin mars 2017.

Disponible dans les librairies ou ici!

APPEL A PARTAGE D’EXPÉRIENCE

NOUS SOMMES A LA RECHERCHE DE NEO-PAYSANS AINSI QUE DES PERSONNES TRAVAILLANT AVEC EUX SOUHAITANT PARTAGER LEUR EXPÉRIENCE. NOUS SERIONS HEUREUX DE VOUS RENCONTRER. N’HÉSITEZ PAS A NOUS CONTACTER!  contact@neo-agri.org

SI CE QUE NOUS FAISONS VOUS INTÉRESSE ALORS INSCRIVEZ VOUS POUR NOUS SOUTENIR ET RECEVOIR LA NEWSLETTER (OPTIONNELLE)

INSCRIVEZ-VOUS!